Le chemin des polders près d’Aizier : randonnée d’été sur des terres gagnées sur l’eau
Entre Aizier et les lisières du Marais Vernier, le chemin des polders dessine une marche singulière dans l’estuaire de la Seine. Ici, la terre n’a rien...
Tourisme à Quillebeuf et au Fil de l’Eure
À l’écart des foules, Quillebeuf-sur-Seine est entouré de sentiers qui, loin du béton, font la passerelle entre bocage, marais, berges sauvages et regards sur le fleuve. Plusieurs boucles et GR permettent de partir à la découverte de la commune et de ses alentours, souvent méconnus.
C’est la boucle parfaite pour une première découverte. Au départ de la place de l’église Sainte-Honorine, ce circuit longe le quai de la Seine (vue sur le bac et les bateaux de commerce), traverse les anciennes ruelles pavées puis file vers les typiques maisons à colombages. Des panneaux d’interprétation racontent l’histoire du port de Quillebeuf, qui fut jusqu’au XIXe le point de passage obligé entre Rouen et Honfleur. En chemin, on croise la majestueuse église Saint-Valery, reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, et la mystérieuse chapelle des Marins. Anecdote : on trouve encore sur certaines façades des anneaux d’amarrage qui servaient aux péniches à vapeur lors de crues exceptionnelles (source : Archives départementales de l’Eure, Fonds Quillebeuf).
Le mythique GR2 relie Dijon au Havre, mais son passage à Quillebeuf offre l’un des plus beaux aperçus du fleuve en Normandie. On chemine entre prairies riveraines, petits bois, et digues de protection contre les grandes marées. À mi-parcours, escale au phare de Saint-Samson-de-la-Roque (visitable, vue panoramique sur l’estuaire). Pour ceux qui poussent jusqu’au Marais Vernier, on entre dans un univers de roselières, préféré des cigognes au printemps. Fun fact : chaque année, le GR2 voit passer environ 2500 marcheurs sur ce tronçon (source : Fédération Française de Randonnée, données 2022).
Ce circuit démarre juste après la traversée du bac (pied du quai, côté Petits-Andelys), puis plonge vers le marais et les grands pâturages humides. On y croise la fameuse « brouteuse », vache normande faite pour les terres mouillées, et au printemps un tapis d’iris et de joncs. Les mares peuplées de libellules rappellent que le marais, s’il fut « gagné » sur la Seine par la main de l’homme, reste sous la menace des grandes eaux : jusqu’en 1962, on redoutait chaque année la débâcle, quand la Seine montait de plus de 3 mètres par la fonte des crues en amont (Source : Revue « Nature en Normandie », avril 2018).
Au-delà des boucles institutionnelles, la région regorge de petits chemins de traverse qui racontent la vie des campagnes. Certains sont entretenus par des associations locales ou de petites communes : souvent non balisés “officiellement”, ils sont pourtant empruntés depuis des siècles par pèlerins, chasseurs ou cueilleurs de champignons.
Bouger dans le secteur de Quillebeuf-sur-Seine, c’est aussi s’offrir la chance d’observer une biodiversité remarquable. Le marais, les prairies inondables et les boisements de bords de Seine sont classés Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique (ZNIEFF) : plus de 240 espèces de plantes, 35 de mammifères dont la loutre d’Europe (observer à l’aube, rare), et 92 d’oiseaux recensées (source : Parc Naturel Régional Boucles de la Seine Normande).
Certains groupes locaux organisent des sorties accessibles à tous, avec jumelles et carnets d’observation à la main. On y apprend, par exemple, que le héron cendré, star des marais, peut avaler jusqu’à 450 grammes de poissons par jour et que la luzule, petite plante discrète, ne pousse qu’ici en Basse-Normandie. Pour ceux qui aiment les vieilles pierres autant que la nature, plusieurs tronçons longent des moulins à eau désaffectés, héritage du broyage du chanvre (XVIe au XIXe siècle).
Impossible d’arpenter les environs de Quillebeuf sans tomber sur quelques curiosités ou sites mémoriels. Pour rythmer une balade, voici quelques points d’intérêt étonnants ou émouvants à épingler :
Entre l’eau, la terre et le vent, Quillebeuf-sur-Seine affiche sa discrétion mais déploie, pour qui prend le temps, une palette de paysages et de récits à décoder sur ses sentiers. Ici, marcher, ce n’est pas seulement avancer, c’est renouer avec l’histoire et la vie ordinaire d’un coin de Normandie resté authentique, où chaque détour peut surprendre. S’il vous prend l’envie d’y aller voir de plus près, il y aura toujours un chemin, balisé ou non, pour vous offrir un autre regard sur l’Eure.