Où marcher en famille autour de Quillebeuf-sur-Seine : promenades douces et secrets de l’estuaire

03/05/2026

Aux portes de l’estuaire : Quillebeuf, terre de découvertes à pied

Entre Seine et bocage, Quillebeuf-sur-Seine se tient, discrète, sur la rive droite du fleuve, à la frontière de l’Eure et de la Seine-Maritime. Ici, pas question de sommets ardus ni de trekking marathonien : ce pays, presque plat, déroule au promeneur une mosaïque d’itinéraires paisibles, parfaits pour les petites jambes ou les grandes envies de contemplation.

Mais derrière cette simplicité s’esquisse une richesse qui échappe à ceux pressés de filer vers la côte : chapelles oubliées, anciens ports, marais secrets et légendes de mariniers. Partons découvrir cinq balades faciles à pied autour de Quillebeuf-sur-Seine, adaptées à tous, testées et approuvées par les gens d’ici.

1. Sur les traces des pilotes de Seine : la boucle du port (2 km, facile)

Quillebeuf n’a jamais été un port de hasard. Jusqu’au XXe siècle, la ville était capitale des pilotes maritimes, ces virtuoses chargés de guider les navires dans les méandres capricieux de la Seine. Pour toucher du doigt cette histoire, rien de tel que le tour du vieux Quillebeuf.

  • Départ : Quai de la Rétivité, à côté du bac. Ici-même, le balisage « petite boucle rouge » invite à longer le fleuve, en admirant les alignements de maisons d’armateurs – dont certaines abritaient jadis jusqu’à 3 familles de pilotes sous un même toit.
  • À voir : L’église Saint-Valéry (remontant à 1033, l'une des plus anciennes de l’Eure, avec sa tour-lanterne unique en Normandie), la chapelle des Marins – halte traditionnelle avant chaque traversée – et la stèle dédiée à la mémoire des pilotes (source : mairie de Quillebeuf-sur-Seine).
  • Curiosité : Remarquez la « rétivité » : table d’orientation vieux style, où l’on repérait jadis les bancs de sable selon la lumière. Parfait pour expliquer la navigation fluviale aux enfants, en deux minutes chrono.

Le circuit, plat, s’effectue en moins d’une heure avec des enfants, sans difficulté. Quelques bancs longeant la Seine invitent à goûter un morceau, scruter les cargos et rêver de voyages.

2. Par-delà le bac : de Quillebeuf à Port-Jérôme, une traversée inattendue (2,5 à 5 km, facile – modulable)

À Quillebeuf, la Seine n'est pas une frontière mais une invitation à l’aventure, grâce à son bac gratuit – l’un des deux seuls bacs automobiles publics de la Seine normande. C’est tout un pan de patrimoine vivant : chaque année, ce sont 800 000 passagers qui franchissent le fleuve à cet endroit (source : Département Seine-Maritime).

  • Départ : embarcadère côté Quillebeuf, horaires continus de 5h30 à 21h environ.
  • Arrivée : débarquez à Port-Jérôme-sur-Seine, sur la rive gauche, et prenez à droite la voie verte aménagée le long de l’eau.
  • Intérêt : la découverte d’un port industriel en activité, des cabanes de pêche au carrelet (spectaculaires à marée basse) et un vaste espace herbeux (aire de jeux et pique-nique au Parc des Aulnes).

Selon votre motivation, bouclez la balade « express » en restant sur les pontons, ou poursuivez jusqu’aux étangs de Norville. Le bac, moment fort de la promenade pour les enfants, rythme la traversée d’anecdotes sur les crues mythiques et les métiers du fleuve – un vrai livre d’histoire en mouvement.

3. Les marais de Quillebeuf : immersion nature sur la « Petite Amazonie » normande (1,5 à 4 km, facile)

Entre terre et eau, l’estuaire abrite une biodiversité insoupçonnée : hérons cendrés, avocettes élégantes, orchidées rares… Aux portes de Quillebeuf s’étend le marais, classé parc naturel depuis 1995, où l’on croise autant de vaches que d’oiseaux migrateurs (source : Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande).

  • Départ : parking du cimetière, puis suivre le balisage « sentier de découverte des marais ».
  • Parcours : le circuit court fait la part belle aux passerelles en bois sur pilotis, parfaites pour observer sans abîmer.
  • Pendant la balade : panneaux pédagogiques sur la faune et la flore locales (infos adaptées aux enfants, réponses à toutes les questions du style « pourquoi le héron est-il tout seul sur une patte ? »…).
  • Astuce locale : En avril et mai, ne ratez pas la floraison mystérieuse des fritillaires pintades – petite tulipe tachetée typique du marais de Quillebeuf (patrimoine naturel d’intérêt national).

Il existe chaque saison une visite guidée (sur inscription, durée 1h30) proposée par l’Office de tourisme du Pays d’Honfleur (voir site officiel). Apportez les jumelles !

4. Des bacs, des clochers et des bornes : Quillebeuf – Saint-Samson-de-la-Roque (7 km aller-retour, très facile)

Envie de marcher un peu plus longtemps, sans se lancer dans un parcours compliqué ? Voici un itinéraire apprécié des locaux comme des touristes en goguette : la balade du bourg jusqu’au phare de la Roque, en suivant le haut de la berge.

  • Départ : centre-bourg de Quillebeuf, face au monument des Marins disparus.
  • Suivre la petite route en direction de Saint-Samson-de-la-Roque, en restant parallèle à la Seine.
  • À voir : entre deux haies bocagères, découvrez de minuscules chapelles chaulées, d’anciennes bornes à eau (pour les chevaux du bac, autrefois), et – surtout ! – le légendaire clocher-phare de Saint-Samson (visite libre, belvédère au sommet offert à tous).

Cette portion, quasi sans circulation en dehors de l’été, se fait sur bitume et chemins empierrés. On peut réduire la promenade en s’arrêtant au hameau du Becquet (aire de repos champêtre).

Anecdote : Le phare de la Roque, construit en 1839, veille sur l’estuaire depuis près de deux siècles : c’est le dernier phare en service sur tout le cours de la Seine (source : Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande).

5. La grande-île de Quillebeuf : boucle « île aux oiseaux » (3,5 km, circuit nature)

L’accès à la grande-île de Quillebeuf se fait par une digue discrète, au sud du village. C’est un paradis paisible prisé des ornithologues et des familles venues marcher sur le vaste « pré Salé » (prairie inondable).

  • Entrée : chemin de la Grande-Île, route non goudronnée (vélos et poussettes sportives bienvenus).
  • Boucle : 3,5 km sans dénivelé, tour complet de l’île entre peupliers, pâturages et bras morts de la Seine.
  • Attention : site non aménagé (sauf pour deux aires de repos rustiques), vérifier la météo avant de s’y engager : les crues peuvent rendre certains passages boueux.
  • À observer : au printemps, rassemblements d’oies cendrées et de spatules blanches (prenez une carte ornitho ou l’application « Faune-Normandie »).

Idéale pour ceux en quête de grand air, la balade se transforme en aventure insulaire dès les premières foulées. Ici, c’est la Seine qui commande. On s’émerveille d’un paysage qui change à vue d’œil, au gré des marées et des nuages.

Pratique : conseils, saisons, et astuces des locaux

  • La météo normande impose son rythme : manteau doux en hiver (rarement plus de 2-3°C sous zéro), printemps ultra fleuri (avril à début juin), automne flamboyant. Prévoir coupe-vent et chaussures imperméables d’octobre à mars.
  • Les parcours proposés sont tous accessibles aux enfants (dès 4-5 ans) et aux poussettes « sportives », sauf pour la Grande-Île (prévoir porte-bébé ou poussette tout terrain).
  • Pas de difficulté notoire : la région, inondée depuis toujours par le fleuve, affiche l’un des plus faibles dénivelés du département – moins de 15m sur les circuits proposés (Géoportail).
  • Pour les pauses gourmandes, passage conseillé à la boulangerie du village, où l’on trouve le traditionnel « Quillebeuf » (brioche locale à la crème – à goûter absolument).
  • Les chiens sont tolérés en laisse dans les marais et sur la grande-île.
  • Quelques balades sont balisées par des associations locales (Association des Amis de Quillebeuf), renseignez-vous à l’office de tourisme ou à la mairie pour obtenir gratuitement une carte papier.

Un autre regard sur Quillebeuf et ses alentours

Marcher à Quillebeuf, ce n’est pas cocher des kilomètres, c’est renouer avec l’histoire du fleuve, explorer un bocage authentique et s’inventer des trésors à chaque virage : ici, une cloche du port, là, le vol d’un milan noir. Ces balades, accessibles et inspirantes, offrent une alternative paisible aux grands itinéraires touristiques de l’Eure. La magie se niche dans le détail : l’écho d’une légende de batelier, les murmures de la marée qui remonte, le parfum d’un pommier en fleurs sur le chemin du retour.

Et pour les curieux invétérés, chaque promenade donne envie de pousser plus loin – vers Saint-Aubin-sur-Quillebeuf, la forêt de Brotonne ou encore les boucles secrètes de la Seine… Mais ça, ce sera pour une prochaine escapade.

En savoir plus à ce sujet :