Chemins de halage : un patrimoine en sursis mais vivant
Les chemins de halage de Seine, vestiges du temps où on halait (tirait) les péniches à la force humaine ou animale, ont peu à peu disparu sous l’assaut du remembrement, de l’industrialisation des berges, et du retour à l’état sauvage de certains tronçons. En Normandie, on les retrouve encore çà et là, une marque blanche sur le paysage, pour qui sait lever le nez.
Entre Quillebeuf et Aizier, la Seine serpente sur moins de 6 km à vol d’oiseau, mais multiplie les méandres et les chemins de traverse. Sur les cartes IGN (notamment Géoportail), le chemin de halage apparaît souvent au sud ou à l’ouest du fleuve, sur la rive droite en direction d’Aizier. Côté Quillebeuf (rive gauche), les accès sont plus sporadiques, laissant place, près des zones inondables et des roselières, à des passages moins continus mais propices à la découverte de la faune.
Un sentier toujours praticable ?
- Sur la rive droite (Aizier vers Vieux-Port, Bouquelon) : de beaux tronçons subsistent, accessibles à pied, parfois à vélo, entretenus ponctuellement par les collectivités (source : Eure Tourisme).
- Passages enherbés, traces de graviers, anciennes bornes fluviales rappellent la vocation du chemin.
- Sur la rive gauche (Quillebeuf) : la partie en amont (vers Norville, Vatteville) est interrompue par des zones portuaires, industrielles ou marécageuses. Le chemin n’est pas continu, et certains secteurs sont privatisés ou difficilement accessibles lors des crues.
L’intégralité du chemin entre Quillebeuf et Aizier, sans discontinuité et à ras du fleuve, n’est pas officiellement balisée comme un sentier de randonnée classique (GR ou PR). La plupart des promeneurs choisissent donc des variantes, conciliant halage, petites routes communales et sentiers agricoles.