Pourquoi ce paysage de chaumières ? Petite histoire et grandes figures du chaume dans l’Eure
La chaumière n’est pas qu’un cliché de carte postale : c’est une invention locale, née des matériaux offerts par la nature. Ici, les sols humides du Marais Vernier regorgent de roseaux et de joncs, base du chaume traditionnel. Le torchis vient des argiles des bords de Seine, tandis que le bois de charpente provient des forêts voisines. Dès le Moyen Âge, les habitants de l’actuelle Eure se sont spécialisés dans cette construction rustique, capable de résister au vent, à la pluie et même de garder la fraîcheur lors de rares canicules.
Vers 1830, on comptait plus de 1 200 chaumières dans le département (source : Archives départementales de l’Eure). Aujourd’hui, à cause de l’entretien exigeant du chaume (il faut refaire la toiture environ tous les 30 ans), et du développement d’autres toitures, il en resterait entre 250 et 300 dans l’Eure. Celles qui subsistent sont souvent classées ou protégées. Ce patrimoine fragile compose désormais l’un des paysages de bocage les plus remarqués de France.
- Le toit de chaume peut atteindre jusqu’à 50 cm d’épaisseur.
- Les iris plantés au sommet avaient pour fonction d’assurer l’étanchéité et d’offrir un spectacle coloré au printemps.
- Le chaume, très isolant, garde la fraîcheur en été et la chaleur en hiver.
Parmi les figures marquantes : Maurice Leblanc, auteur d’Arsène Lupin, séjourna souvent non loin d’ici dans sa maison chaumière du Clos Lupin à Étretat, tout comme Eugène Boudin qui peignit souvent les ciels de Seine en surplombant une chaumière.