Un port, des mariniers : Quillebeuf et la navigation sur la Seine
À l’époque où Quillebeuf était surnommée « le verrou de la Seine », son port connaissait une animation intense. La Seine s’y rétrécit, placer alors Quillebeuf à la croisée des routes fluviales, porte d’entrée autant que point de sortie vers Rouen ou le Havre. Notables ou charretiers, tout le monde devait « baconner » pour traverser ici.
Mais la navigation sur la Seine n’était pas une tranquille promenade : bancs de sable mouvants, brumes piégeuses, courants violents, et jusqu’au XIX siècle, ni digue, ni signalisation. Les naufrages étaient courants aux abords du chenal. En témoigne un rapport de l’abbé Cochet (1851), qui évoque « l’un des passages les plus redoutés des bateliers ». Selon les archives municipales, plus de 140 naufrages y furent officiellement recensés entre 1600 et 1850, dont certains très meurtriers ([source : Archives départementales de l’Eure – série E]).
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Inconfort et danger de la traversée expliquent l’installation, dès le Moyen Âge, d’une communauté soudée de mariniers et pilotes, vivant au rythme de la marée.
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Les confréries de bateliers marquent alors la sociabilité du bourg.
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La chapelle des Mariniers naît pour exaucer une promesse simple : offrir un refuge spirituel et solidaire à ceux qui font corps avec le fleuve.