Les incontournables à vélo : circuits balisés et nature préservée
Véloroute de la Seine à vélo : la grande traversée au fil du fleuve
Impossible d’évoquer le cyclotourisme dans l’Eure sans mentionner l’itinéraire « La Seine à vélo » (V33), qui relie Paris au Havre et traverse le département d’est en ouest sur environ 120 km. Ce parcours longe la Seine, fleuve mythique et colonne vertébrale du territoire. Outre les ponts majestueux et le passage du bac à Quillebeuf (unique vestige des anciens bacs de Seine), cette véloroute offre surtout :
- La traversée de la Réserve Naturelle de l’Estuaire de la Seine : 8500 hectares protégés où s’observent hivernants et migrateurs (près de 350 espèces d’oiseaux répertoriées, dont spatules blanches et guifettes)
- Un panorama unique sur le marais Vernier, plus grande tourbière de France (Source : PNR Normandie-Seine)
- Des rives forestières et îlots sauvages, accessibles uniquement via certains chemins cyclables
À noter : la section Port-Jérôme-sur-Seine → Quillebeuf-sur-Seine passe tout près de la Réserve de l’Estuaire (attention, certains tronçons sur route partagée). Un vrai parfum d’aventure, entre promesses de rencontres animalières à l’aube et lumière rasante sur les grands bras du fleuve.
Autour du marais Vernier : le tour des roselières et chaumières
Moins fréquenté que la Seine à vélo, mais d’une beauté sauvage époustouflante : le circuit autour du marais Vernier (36 km balisés). Ici, la piste alterne entre chemins ruraux, petites routes flanquées de maisons à toit de chaume et longues étendues de joncs. Le tour complet permet de :
- Croiser des centaines de cigognes (jusqu’à 200 couples recensés l’été sur les toits)
- Découvrir les huttes de douaniers et les anciennes tourbières (classées Natura 2000)
- Faire halte à l’Observatoire du Marais, point stratégique pour observer spatules, sarcelles d’hiver et même cistudes d’Europe
Pas besoin d’être un cycliste professionnel : c’est plat, ombragé, ponctué de petits villages (Saint-Ouen-des-Champs, Saint-Samson-de-la-Roque). Curiosité locale : à Saint-Samson, le phare encore en activité surplombe une « mer » de roseaux, offrant un contraste saisissant entre patrimoine bâti et nature indomptée.
La Vallée de l’Eure : entre rivières vives et prairies mouillées
Du côté de Pacy-sur-Eure à Ivry-la-Bataille, l’ancienne voie ferrée du « Train touristique » sert de fil conducteur à un réseau cyclable foisonnant, qui côtoie plusieurs sites protégés :
- Les prairies et marais de Bueil, reconnues pour leur biodiversité (orchidées sauvages, grenouilles agiles, papillons rares, recensés par le Conservatoire des Espaces naturels Normandie)
- Des secteurs forestiers remarquables, notamment la Forêt de Bizy classée ZNIEFF
- Les milieux humides près de Croisy-sur-Eure, parfaits pour croiser hérons ou blaireaux… si l’on sait pédaler en silence
Certains tronçons, bien entretenus, sont praticables en toute saison. D’autres invitent à poser le vélo pour explorer à pied, avec une paire de jumelles ou un carnet d’aquarelle pour croquer les paysages.
L’ancienne voie verte Évreux – Le Bec-Hellouin : allée verte et patrimoine monastique
Aménagée sur une ancienne ligne ferroviaire, cette voie verte s’étire sur plus de 40 km et relie la cité épiscopale d’Évreux à l’un des plus beaux villages de France, Le Bec-Hellouin. En chemin :
- Traversée de la forêt domaniale d’Évreux, refuge discret de nombreux chevreuils et pics épeiches
- Passage à proximité de zones Natura 2000 sur le plateau du Neubourg, important pour la préservation des chauves-souris
- Halte à l’Abbaye du Bec-Hellouin, chef-d’œuvre architectural posé dans un écrin de verdure classé site remarquable
Ce parcours, facile d’accès pour petits et grands, est l’un des mieux aménagés du département : revêtement roulant, signalétique efficace, aires de repos et plusieurs points d’eau. À chaque saison, des couleurs différentes : tapis de marguerites en mai, brume dorée sur les plaines à l’automne…