Explorer la Seine différemment : circuits, balades et découvertes entre patrimoine et nature

09/11/2025

Le visage méconnu de la Seine : pourquoi partir à sa découverte ?

Le premier réflexe, dans la vallée de la Seine, c’est trop souvent de “filer” vers la mer ou Paris. Pourtant, entre ses deux rives sinueuses, elle se fait complice des hommes depuis plus de 2 000 ans : Romains, Vikings, bâtisseurs, pêcheurs et mariniers y ont laissé des traces que l’on retrouve au détour d’un chemin creux, d’une tour solitaire ou d’une grève couverte de joncs.

Entre Quillebeuf, la forêt de Brotonne et l’Estuaire, le fleuve a dessiné une géographie unique :

  • Des marais de Saint-Samson-de-la-Roque aux maisons sur pilotis de Vieux-Port, la vie s’organise autour du rythme de l’eau.
  • Le bac de Quillebeuf-sur-Seine, l’un des derniers passages fluviaux gratuits de France, relie aujourd’hui comme hier les deux rives, témoin vivant d’une époque pré-pont.
  • À chaque méandre, des silhouettes d’églises, de phares ou de moulins racontent la navigation, l’attente des marées, la crainte des crues.

Se promener ici, c’est s’imprégner d’une histoire à taille humaine, d’un patrimoine rural et portuaire vivace, et de paysages façonnés par le fleuve au fil des siècles (source : Comité Départemental du Tourisme de l’Eure).

Les circuits culturels : la Seine à travers l’histoire et les villages

1. Quillebeuf-sur-Seine, village-port jalon de l’estuaire

  • Les ruelles et les maisons d’armateurs : Quillebeuf, c’est un port de pilotage séculaire, avec ses rues au tracé médiéval, ses enseignes d’auberges à volets bleus et ses demeures XVIIIe en briques et silex.
  • Des histoires à la pelle : ici, jusqu’à 400 navires attendaient leur passage au XVIIe siècle, au point que le port fut surnommé la “clé du Roumois”. Les pilotes locaux guidaient les bateaux, car le chenal, alors très capricieux, n’était connu que d’eux !
  • La tour Saint-Aubin : vestige solitaire d’une abbaye détruite, c’est elle qui, certaines nuits, perce la brume du fleuve et sert de point de repère depuis des siècles.

2. Saint-Samson-de-la-Roque et la campagne des marais

  • Le phare de la Roque : érigé en 1865, il balise encore la rencontre de la Seine et de la mer, avec ses 20 mètres de haut et ses 90 marches (source : Ministère de la Transition écologique).
  • Le circuit de la réserve naturelle : très prisé des observateurs d’oiseaux (plus de 230 espèces recensées ! Source : Ligue de Protection des Oiseaux), ce parcours en boucle plonge dans les roselières et longe anciens polders.
  • Anecdote locale : chaque printemps, c’est ici que la migration des vanneaux, cigognes et chevaliers émeut toute une galerie de jumelles, dans une ambiance de cabane ornitho et de café partagé.

3. Les sentiers des coteaux et leur patrimoine oublié

  • Berville-sur-Mer et la route des Chaumières : en remontant côté Eure, la boucle passe par Berville, observe les anciennes digues et file vers les célèbres chaumières de Vieux-Port, ponctuées de jardins fleuris — certaines datent du XVIIe siècle.
  • Coulages-sur-Saint-Etienne et ses points de vue : un promontoire sur la Seine, parfait pour saisir comment les alluvions et caprices du fleuve ont dessiné les paysages (source : Inventaire du patrimoine Normand).

La Seine côté nature : circuits et balades pour s’immerger

1. Balades à pied : le bonheur des chemins en bord de Seine

  • Le GR2, sentier de la Seine : long de 857 kilomètres depuis la source jusqu’à l’estuaire, il traverse l’Eure sur 54 km, passant par Quillebeuf et offrant de superbes vues sur le fleuve, sur des digues herbeuses ou à travers les champs alluvionnaires (source : Fédération Française de Randonnée Pédestre).
  • Le “Sentier du Catelier” : boucle champêtre de 8 km entre marais et bocage, idéale pour les familles (panneaux ludiques sur la faune locale, bancs pour pique-niquer en bord de rivière).
  • Petite curiosité : on voit parfois, du sentier, de vieux “bacs à chevaux” rouillés sur les rives. Ces embarcations à fond plat servaient autrefois à traverser bêtes et gens… jusqu’en 1955 !

2. À vélo : le circuit de la Seine à vélo

  • EuroVelo 4 et Seine à Vélo : la portion Eure-Honfleur combine anciens chemins de halage et petites routes peu fréquentées. À Berville, des tables d’orientation jalonnent le parcours.
  • Le chiffre marquant : on estime à 160 km le linéaire cyclable continu aménagé entre Giverny et la mer (source : Seine à Vélo, ADT Normandie).
  • Arrêts recommandés : pause café à Vieux-Port, photo du bac en action à Quillebeuf, observation des hérons vers La Roque… et tartine de campagne au retour !

3. Balades sur l’eau, l'angle le plus insolite

  • Les bac et traversées fluviales : à Quillebeuf, le bac transporte chaque jour piétons, cyclistes et voitures : 60 allers-retours quotidiens, gratuit et panoramique !
  • Balades en canoë et paddle : encadrées par des associations locales (ex. : Canoë-Club de l’Estuaire), ces sorties révèlent les berges sauvages et les ilots insoupçonnés, loin de toute circulation.
  • Une anecdote à raconter : l’été, il n’est pas rare d'apercevoir “l’Anguille Express”, une zone où, jusqu’aux années 1960, les pêcheurs posaient des nasses à anguille - une tradition qui faisait la renommée culinaire de Quillebeuf.

Idées de circuits combinés : mariages heureux de culture et de nature

  • “Du port à la réserve” : départ par les ruelles de Quillebeuf, visite de l’église Saint-Martin (vitraux marins et maquettes d'offrandes de marins), suivi d’une marche vers la réserve ornithologique de Saint-Samson, retour par le bac.
  • “Route des phares et des hameaux” : circuit mixte, à vélo ou en voiture, explorant les phares de La Roque, Honfleur et les maisons traditionnelles normandes, pour finir sur la plage sauvage de Berville.
  • “Balade des passages d’eau” : promenade racontée — à réserver auprès des offices du tourisme — retraçant l’histoire des bacs, des pêcheries sur pieux, des moulins à marée… avec pause dégustation de saveurs locales à Quillebeuf (source : Eure Tourisme, OTN de Pont-Audemer).

Quelques conseils pour préparer sa découverte de la Seine à son rythme

  • Pensez à la marée ! Les promenades en bord de Seine ou sur les marais sont plus agréables à marée basse, pour observer les oiseaux ou explorer les vasières.
  • Ouvrez l’œil : L’estuaire regorge d’espèces protégées, de l’orchidée en bord de digue au martin-pêcheur turquoise. Un guide nature peut agrémenter la visite d’explications précieuses (contacts en office de tourisme).
  • Goûtez local : Ne ratez pas le marché de Quillebeuf le vendredi matin, l’occasion de goûter à la rillette de poisson de la Seine, au jus de pomme local ou aux sablés à la fleur de sel.
  • Respectez la tranquillité du lieu : Ici, les sentiers sont souvent partagés avec des agriculteurs ou des pêcheurs. Un bonjour, un merci, une question sur l’histoire du coin… et la découverte n’en sera que plus chaleureuse.

Vers une Seine vivante et partagée : le fleuve comme lien

Découvrir la Seine autrement, c’est lâcher le temps du GPS et laisser place aux surprises du territoire. C’est oser franchir le bac pour ressentir la pause unique entre deux rives, s’arrêter devant le murmure d’une roselière ou lire, sur une pierre gravée, le passage d'un pilote ou d’un pêcheur d’antan. À Quillebeuf et dans l’Eure, la Seine se fait buissonnière : l’explorer via ses circuits culturels et naturels, c’est renouer avec l’esprit de flânerie, saisir des visages de la région qui échappent au regard pressé — et trouver, peut-être, le goût tranquille de la découverte, à partager.

Pour aller plus loin, des circuits guidés sont proposés toute l’année par les offices de tourisme (OTN Quillebeuf-sur-Seine, OTN Pont-Audemer) et les associations de protection de l’environnement (LPO, CEN Normandie). Plus d’idées sur Eure Tourisme et Seine à Vélo.

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