Un port avant tout stratégique : la porte d’entrée intérieure de la Normandie
Quillebeuf occupe un point charnière : dernier port maritime de la Seine pour les navires venant du large, premier port fluvial pour ceux remontant vers Rouen et Paris. Sa forme singulière, coincée entre méandres, risées et courant traitreux (le fameux Goulet), en faisait un passage obligé… mais pas sans risques.
- Un goulet réputé dangereux : Les bancs de sable mobiles et les courants violents forçaient souvent les navires à attendre la marée ou le remorqueur, stationnant parfois plusieurs jours, paupières usées par le va-et-vient du fleuve.
- Un relais pour les pilotes : Ici, les pilotes de Seine prenaient le relai des pilotes côtiers. Le "Service des Pilotes" compta parfois plus de 70 hommes, appelés “les Quillebeufais”, qui guidaient à la voix ou avec leurs signaux les navires jusqu’à leur prochaine étape.
- Un contrôle douanier : Jusqu’au XIX siècle, Quillebeuf voit passer tous les navires imposés d’observer les formalités. On y payait aussi la fameuse taxe dite “droit de pilotage”.
L’emplacement du port explique pourquoi, dès le Moyen Âge, rois d’Angleterre et ducs de Normandie y ont résidé (voir : Les Amis de Quillebeuf), et pourquoi la localité était couverte de greniers, d’hôtels de mariniers, et d’estaminets.