Une histoire gravée dans la brique : du premier fanal à la tour actuelle
Le premier vrai « phare » de Quillebeuf apparaît sous Louis XVI, en 1775, grâce à l’ingénieur Jean-Sébastien Le Prestre : une lanterne à réverbère, hissée sur une tour en pierre à douze mètres de hauteur. Ce modeste feu, alimenté à l’huile, était entretenu par un guetteur nommé par la ville. L’innovation fait son effet : les accidents diminuent de moitié (Source : Archives Départementales de l’Eure).
Au fil du XIX siècle, les techniques progressent. En 1835, l’actuel phare-bâtiment est construit : une tour cylindrique en brique de 27 mètres, coiffée d’une lanterne métallique pour accueillir la nouvelle lumière catoptrique. Signe des temps : l’éclairage passe à l’huile minérale, puis au gaz en 1873, et enfin à l’électricité en 1926 (Source : Ministère de la Culture, base Mérimée).
- Hauteur : 27 mètres (avec lanterne)
- Portée : 18 km à l’époque de son fonctionnement optimal
- Caractéristique lumineuse : feu blanc fixe, puis à occultations
- Matériau : brique pleine, avec soubassement en pierre de taille
La particularité du phare de Quillebeuf réside dans sa position : il signale un estuaire d’eau douce, loin des rivages salés, rôle rarissime dans le paysage des phares français. Son style, mêlant robustesse normande et élégance discrète au cœur du village, renforce son identité à part.