Explorer la nature préservée de la basse vallée de la Seine : itinéraire balisé et pépites locales

04/12/2025

La basse vallée de la Seine, un territoire d’exception pour les promeneurs curieux

À la croisée de la Normandie paisible et du fleuve majestueux, la basse vallée de la Seine est un paradis pour qui aime marcher la tête en l’air, un brin rêveur et attentif à tout ce qui bruisse. Les grands guetteurs de cigognes le savent : entre Quillebeuf-sur-Seine, le Marais Vernier et la Réserve Naturelle de l’Estuaire, la nature ici a su garder toute sa vigueur. Mais, pour l’explorer tout en respectant sa fragilité, rien de mieux qu’un itinéraire balisé et officiel.

Le GR® 2, l’épine dorsale pédestre des zones naturelles du secteur

Le sentier de Grande Randonnée GR® 2, baptisé la « Randonnée de la Seine », est le seul itinéraire balisé à traverser, d’un seul tenant, les joyaux naturels et protégés de la basse vallée de la Seine. De Giverny à la mer, le GR® 2 longe le fleuve sur près de 860 kilomètres (source : Fédération Française de la Randonnée Pédestre), et traverse sur son tronçon normand quelques-unes des zones les plus précieuses du patrimoine naturel français.

Parcours du GR® 2 dans la basse vallée de la Seine : étapes et points-clés

  • De Quillebeuf-sur-Seine à Vieux-Port : le sentier traverse les espaces entre Seine et marais, révélant une mosaïque de milieux, des anciens canaux jusqu’aux prairies humides.
  • Traversée du Marais Vernier : tapis de roseaux, huttes en chaume et envols de spatules ; le GR longe cette immense dépression naturelle façonnée par les crues du fleuve.
  • Réserve Naturelle de l’Estuaire de la Seine (9 200 hectares) : le tronçon compris entre Quillebeuf, Saint-Samson-de-la-Roque et Berville-sur-Mer est au cœur d’une des plus vastes réserves naturelles françaises (Source : RNF).

Le Marais Vernier et la Réserve Naturelle de l’Estuaire : deux mondes à portée de pas

Tout randonneur qui s’aventure ici le ressent : l’air est différent au Marais Vernier. Cette cuvette de tourbes et de prairies, vieille de plus de 10 000 ans, est le refuge de quelque 240 espèces d’oiseaux observées chaque année, dont la cistude d’Europe ou la cigogne blanche (Source : Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande).

Le GR® 2 permet de longer la digue et d’admirer l’un des plus grands ensembles de toits de chaume d’Europe. Certains jours, à la saison des migrations, des nuages de bernaches survolent le sentier.

Plus bas, l’itinéraire aborde la Réserve Naturelle. Ici, la Seine s’élargit, les vasières accueillent des limicoles rares et la lumière, jamais la même, redessine le paysage chaque heure.

Trésors cachés et curiosités sur le parcours

  • La Hutte au Bec-Scie : ancienne cabane d’observateur du Marais ; un promontoire idéal pour saisir l’essence de ces milieux.
  • L’observatoire de Saint-Samson-de-la-Roque : vue panoramique sur l’estuaire, ses méandres, ses prés-salés, et, avec un peu de chance, sur les premiers phoques qui remontent le fleuve au printemps.
  • Les chavoueurs de Quillebeuf : sur les quais, on trouve encore, lors des grandes marées, ceux qui poussent une brouette ou une « chavoue » pour ramasser le bois flotté échoué la nuit. Ces scènes sont authentiques et font vibrer l’âme du port.
  • Le bac de Quillebeuf : un passage emblématique entre Eure et Seine-Maritime. Gratuit, il transporte piétons, vélos et voitures à travers le courant.

Comment parcourir l’itinéraire balisé ? Conseils pratiques et accès

Le balisage blanc et rouge du GR® 2 est légalement entretenu par la Fédération française de randonnée pédestre. Voici quelques conseils pour en profiter pleinement :

  • Meilleures saisons : Le printemps et l’automne offrent la plus grande diversité d’oiseaux et évitent les moustiques d’été, parfois impitoyables dans les zones humides.
  • Chaussures adaptées : Par endroits, le sol est gorgé d’eau. Prévoir des chaussures imperméables ou même des bottes pour traverser les portions de prairies basses.
  • Respect des balisages : Certains secteurs sensibles sont fermés en période de nidification. Le respect des zones d’accès garantit la tranquillité des espèces et la survie de ce patrimoine (voir réglementation sur le site du PNR Seine Normande).
  • Observation : Jumelles et appareil photo discret permettront d’espérer entrevoir martin-pêcheur, busard des roseaux ou bécassine.
  • Départ conseillé : La gare de Pont-Audemer permet de rejoindre facilement Quillebeuf. Pour une boucle, on peut repartir du bac en direction de Berville-sur-Mer ou de Vieux-Port.

Quelques chiffres marquants sur la biodiversité et le patrimoine

  • La Réserve Naturelle de l’Estuaire de la Seine : superpose près de 9 200 hectares protégés où plus de 400 espèces de plantes et 280 espèces d’oiseaux ont été recensées (source : RNF).
  • Le Marais Vernier : classé zone humide d’importance internationale (label Ramsar), il concentre à lui seul 18 % de la population normande de butor étoilé et l’une des plus grandes colonies de cigognes de la vallée.
  • Le savoir-faire local : Les maisons à torchis et toits de chaume, caractéristiques de la région, témoignent d’un génie rural adapté aux crues et à l’humidité. On estime à 160 le nombre de chaumières encore en usage dans les alentours (source : Inventaire Général du Patrimoine Culturel).

Pour préparer sa randonnée : infos locales utiles

  • Cartes et ressources : Le topoguide GR® 2 “De Paris à la mer” détaille tracé, points d’hébergement, accès transports et anecdotes patrimoniales.
  • Guides nature locaux : Des balades ornithologiques et botaniques sont proposées au printemps et en été depuis la Maison des Marais à Saint-Ouen-des-Champs.
  • Auberges conviviales : Le “Relais du Marais Vernier” à Sainte-Opportune ou la guinguette du bac de Quillebeuf pour une pause gourmande en chemin.

Invitation à la découverte : penser le voyage autrement

Marcher dans la basse vallée de la Seine, ce n’est pas “faire” une randonnée : c’est accepter de se laisser surprendre, de ralentir pour mieux observer, de discuter avec les gens du cru qui vous expliqueront leurs gestes de rive ou leur amour du fleuve. Les paysages se méritent, et trouvent leur sens dans mille détails : la brouée sur la Seine au matin, le cri du courlis, le sentier qui disparaît un instant dans la brume, puis revient, rassurant, sous les saules.

On dit ici que l’on ne traverse jamais deux fois la vallée de la même façon. Il y a toujours une lumière ou une rencontre nouvelle à signaler, pour peu qu’on sache, tout simplement, “prendre le temps d’y être”.

Alors, bon sentier à tous ceux qui, un bâton à la main, viendront poser leurs pas entre eau, ciel et bocage, le long de cette vallée qui n’a pas fini de livrer ses secrets.

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