Phares et belvédères le long du fleuve : explorer l’Eure autrement

08/11/2025

Des sentinelles sur la Seine, des panoramas à couper le souffle

Le fleuve Seine traverse l’Eure avec douceur, serpentant entre les collines, les forêts humides et les falaises crayeuses. Peu le savent : la navigation sur la Seine n’a jamais été sans dangers, surtout aux abords de Quillebeuf-sur-Seine et de ses rives. Ici, phares, belvédères et points de vue guident depuis des siècles marins, promeneurs et amoureux de la nature.

Au fil de ces sentiers, on découvre des tours de guet, des balises lumineuses, mais aussi des promontoires naturels où la vue sur l’eau et les villages semble n’avoir pas bougé depuis l’époque des gabares. Entre patrimoine maritime, panorama inattendu et anecdotes locales, ces itinéraires valent le détour été comme hiver.

À la découverte des phares de l’Eure

Le phare de Quillebeuf-sur-Seine : histoire et balade

Symbole discret mais essentiel de la commune, le phare de Quillebeuf-sur-Seine se dresse à l’embouchure du petit port depuis 1862 (source : Ministère de la Culture, base Mérimée). Haut de 18 mètres, peint en blanc, il veille telle une sentinelle sur le passage des bateaux. Classé aux Monuments historiques en 2011, il a longtemps été automatisé grâce à l’électricité acheminée par un câble sous la Seine, innovation technique pour l’époque.

Pour découvrir le phare, on emprunte la boucle du port de Quillebeuf, une balade d’1,5 km environ qui longe la digue, effleure le marais, puis offre au retour un superbe panorama sur la confluence avec la Risle. Au printemps, le sentier se borde d’iris sauvages et d’oiseaux nicheurs. Une halte devant la grille du phare s’impose — avec un brin d’imagination, on se croirait en pleine descente de la Loire à la mer !

Le phare de la Roque : point de repère et promenade rive droite

Face à Quillebeuf se tient son jumeau oublié : le phare de La Roque (source : Inventaire général, région Normandie). Construit lui aussi au XIXe siècle, plus massif, il garde la rive droite de la Seine à l’entrée de la boucle de Brotonne. Un chemin herbeux et peu fréquenté relie le village jusqu’aux abords du phare en longeant les prés salés et les vastes embouchures. Ici, le paysage change selon les marées et les lumières, ce qui attire autant les peintres que les randonneurs photographes.

Le sémaphore du Hoc, le petit “phare” oublié de Tancarville

Situé à la frontière de l’Eure et de la Seine-Maritime, le sémaphore du Hoc veille, tel un phare sans lumière, sur l’embouchure du fleuve et l’ancien passage des bacs. Son promontoire marquant donnait aux mariniers un repère lors des brouillards normands. À pied, depuis Aizier, un sentier de crête (2,5 km) permet d’atteindre cet ancien site de guet, aujourd’hui entouré de prairies à orchidées au printemps. Un circuit peu fréquenté qui réserve de belles surprises naturalistes.

Les belvédères incontournables sur la Seine dans l’Eure

Le panorama de la Côte des Deux Amants : légende et vue plongeante

Dans l’imaginaire normand, la Côte des Deux Amants à Amfreville-sous-les-Monts est bien plus qu’un simple point de vue. Elle plonge sur la boucle de la Seine, et serait le théâtre de la légende des deux amants du roi de Rouen (source : Guide Vert Michelin Normandie). Un escalier taillé dans la colline mène au sommet en une vingtaine de minutes : là-haut, le regard se perd sur trois départements, des méandres du fleuve jusqu’à la forêt de Bord.

Astuce : au lever du soleil, une brume légère confère au site une atmosphère magique. En juin, les orchidées sauvages et les papillons tapissent la prairie sommitale — un vrai bonheur pour les familles comme pour les photographes en quête de lumière dorée.

Le belvédère de la route du Bec à Saint-Samson-de-la-Roque

Peu connu même des locaux, ce belvédère situé sur la D65 offre l’un des plus beaux coups d’œil sur la Seine et ses rives marécageuses. On y accède à pied ou à vélo depuis le hameau du Bec, en profitant au passage des odeurs d’aubépine et du chant des bergeronnettes. Depuis le belvédère, le panorama embrasse l’estuaire, l’enfilade des villages pastel et les massifs forestiers. À voir, notamment au coucher du soleil, lorsque la lumière auréole les cimes des peupliers et les épis de blé.

Le mont Courel : balcon sauvage sur la vallée de la Seine

À la sortie de Saint-Aubin-sur-Quillebeuf, le mont Courel domine le fleuve d’une cinquantaine de mètres. Accessible par un chemin de randonnée balisé au départ du centre-bourg, il traverse des bois en sous-bois, puis débouche soudain sur un promontoire pierreux. Là, le regard embrasse la boucle de Quillebeuf, la petite côte d’Harcourt et, au loin, la silhouette du pont de Tancarville. Lieu idéal pour observer la migration des oiseaux au printemps, mais aussi pour un pique-nique à l’ombre des chênes.

Relier phares et belvédères : exemples de circuits pédestres ou à vélo

Pour les amateurs de balades complètes, il existe plusieurs circuits (balisés ou à improviser) permettant de relier en une ou plusieurs étapes les phares et points de vue emblématiques.

  • Le Circuit Quillebeuf – La Roque : En partant du port de Quillebeuf, on prend le bac piétonnier (le passage se fait en cinq minutes, toutes les 30 minutes environ, source : Conseil départemental de l’Eure) pour arriver à La Roque. Là, un sentier rural longe la rive nord-ouest jusqu’au pied du phare. Compter 6 km aller-retour.
  • Le Tour des Belvédères : En partant d’Amfreville-sous-les-Monts, monter à la Côte des Deux Amants, puis continuer sur les chemins forestiers vers la route du Bec et le belvédère de Saint-Samson-de-la-Roque. Pour les cyclistes chevronnés, la boucle de 20 km propose des points de vue constamment renouvelés sur la Seine.
  • Marche du Sémaphore : Au départ d’Aizier ou de Vieux-Port, un parcours de 7 à 8 km en boucle permet de découvrir le sémaphore du Hoc, les berges de Seine, puis les coteaux calcaires ornés à la belle saison de fleurs protégées (orchidées, fritillaires). Idéal pour les amateurs de nature ou les familles en quête de silhouettes oubliées sur les cartes postales anciennes.

Balsac sur la marche : conseils et anecdotes pour préparer sa promenade

Les chemins de l’Eure sont rarement plats, mais toujours accessibles. Privilégier de bonnes chaussures, surtout après la pluie ! Pour une expérience optimale :

  • Préférez le printemps (avril à juin) pour voir les prairies en fleurs, observer la migration des hérons et des sternes.
  • Surveillez les horaires du bac de Quillebeuf (gratuit, info actualisée sur eure.fr), surtout hors saison.
  • Prévoyez une pause à Quillebeuf pour découvrir les maisons des pilotes, véritables curiosités locales inscrites à l’Inventaire du patrimoine.
  • Pour les photographes, la lumière dorée des soirs d’été offre les meilleurs clichés sur les belvédères et les reflets du fleuve.
  • Pour les familles, la plupart des sentiers proposés font moins de 8 km, faciles à effectuer même avec des enfants — toujours penser à l’imperméable, la Normandie n’a pas volé sa réputation…

L’anecdote locale veut que le sommet de la Côte des Deux Amants ait accueilli autrefois une fête païenne du solstice, où les jeunes venus de Louviers tentaient d’y gravir la colline en courant. Quant au phare de La Roque, il a été peint en rouge un temps, ce qui lui valut le surnom de “Petit homme en bonnet de nuit” chez les pêcheurs havrais.

Envie d’aller plus loin : ressources et contacts utiles

  • Topo-guides spécifiques : “La Seine à pied” (Éditions Chamina), topoguide complet avec itinéraires balisés entre Caudebec et Vernon.
  • Sites d’information actuels : https://www.eure-tourisme.fr/ et https://www.normandie-tourisme.fr/
  • Patrimoines et anecdotes locales : Archives départementales de l’Eure (site AD27), base Mérimée (culture.gouv.fr)
  • Observations naturalistes : Ligue pour la Protection des Oiseaux Normandie (LPO Normandie, lpo.fr)

Que l’on parte à pied, à vélo ou en bac, relier phares et belvédères le long de la Seine dans l’Eure offre un savant mélange de patrimoine marin, de panoramas vertigineux et de nature intacte. C’est le genre de randonnée où chaque détour de sentier réserve une surprise, une histoire, une vue qui donne envie de prendre le temps — et de revenir, toujours.

En savoir plus à ce sujet :