Bien lire les balisages pour randonner malin dans l’Eure

24/11/2025

Une Normandie à lire à chaque pas

Entre Seine et bocage, l’Eure se dévoile à ceux qui savent lever les yeux… mais aussi à ceux qui prennent le temps de lire sous leurs pieds ! Par “lire”, il faut entendre : déchiffrer ces drôles de marques, traits colorés et panneaux discrets qui jalonnent nos sentiers et chemins. Ici, pas besoin d’être cartographe ou d’avoir fait le scoutisme pour savourer nos balades au grand air : la plupart des chemins sont balisés, à condition de savoir reconnaître le bon balisage et de ne pas “louper une branche”. Prendre la “mauvaise écluse” serait dommage, quand tant de trésors attendent juste après le tournant.

Petite histoire du balisage normand

Le balisage de randonnée est loin d’être une invention récente : l’idée de marquer les chemins remonte au Moyen Âge, époque où les pèlerins cherchaient leur route vers Compostelle. En Normandie, les circuits officiels et leurs codes couleurs fleurissent depuis les années 1970, grâce à des associations passionnées, comme le Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de l’Eure (FFRandonnée Eure).

Aujourd’hui, il existe plus de 3500 kilomètres de sentiers balisés dans l’Eure, dont environ 1000 km de sentiers de Grande Randonnée (GR), soit l’un des réseaux les mieux tracés de Normandie (source : FFRandonnée). Autant dire que l’on a de quoi s’en mettre plein les mollets, de la vallée de l’Epte aux marais du Vernier !

  • Plus de 70 topoguides édités par la FFRandonnée pour la Normandie.
  • Une centaine de boucles balisées accessibles à pied, à vélo ou à cheval.
  • Un entretien bénévole, assuré régulièrement par plus de 200 “bénévoles baliseurs” dans le département.

Balisage : à quoi faut-il faire attention ?

Qu’on parte pour quelques kilomètres autour de Quillebeuf ou qu’on ambitionne de relier Giverny en passant par les boucles de la Seine, toute randonnée dans l’Eure commence par une observation attentive des signes qui guident. Mais alors, comment faire la différence entre GR, PR, et sentiers locaux ? Voici les grands principes :

Les couleurs et leurs significations

  • Blanc et rouge : Les fameux sentiers de Grande Randonnée, comme le GR 2 (le “Seine Normande”), qui longe la Seine de sa source à son estuaire. Les balises sont deux bandes juxtaposées, blanche (au-dessus), rouge (en-dessous).
  • Jaune : Ce sont les “PR” (Promenade et Randonnée) : circuits généralement en boucle, adaptés à la découverte et au plaisir de la flânerie. Présents autour de Quillebeuf, Pont-Audemer, Nonancourt…
  • Vert ou bleu : Balisages locaux, souvent gérés par des collectivités ou associations. Ils signalent des boucles communales ou itinéraires VTT. À noter que certaines boucles thématiques, comme la “Boucle des moulins” près de Brionne, sont parfois en bleu.
  • Les balisages équestres : Bandes orange, parfois accompagnées de pictogrammes “cheval”, pour les circuits adaptés à la randonnée à cheval.

Les formes à repérer

  • Trait droit : Restez sur le chemin, tout va bien !
  • Changement de direction : Un “angle” en L, toujours avec la couleur du sentier. Le court trait indique la nouvelle direction.
  • Barre en croix : Deux bandes formant une croix : sens interdit, ne pas s’engager.
  • Panneaux indicateurs : Notamment dans les zones de forêts ou aux croisements, parfois accompagnés de bornes explicatives sur la faune/flore locale. Pratique pour apprendre et pour ne pas se perdre !

Le balisage dans l’Eure : exemples pratiques et anecdotes

Certaines communes de l’Eure sont particulièrement créatives dans leur façon de signaler les chemins. À Saint-Germain-Village, près de Pont-Audemer, des plaques en lave émaillée racontent l’histoire du sentier à l’entrée du parcours. À La Bouille, le départ du GR 2 est signalé par une plaque sculptée inspirée de la batellerie locale. Dans les marais du Vernier, la boucle du Herbage Saint-Clair combine balisage jaune classique et balises “patrimoine” pour signaler les points d’intérêt.

  • GR 224 : Du marais Vernier jusqu’à Roumois, longeant la Risle et la Charentonne. Point de vue remarquable depuis le phare de Quillebeuf-sur-Seine, à quelques centaines de mètres du bac.
  • PR “Les Larris de Bouafles” : Circuit champêtre, entre falaises, prairies sèches et villages cossus. Balises jaunes claires, attention à ne pas confondre avec le balisage d’un sentier VTT voisin, en vert foncé.
  • Voies vertes de l’Eure : La voie verte Evreux-Le Neubourg suit le tracé d’une ancienne voie ferrée : alternance de panneaux directionnels verts et de bornes d’information sur le passé ferroviaire.

Astuce de marcheur aguerri : si vous croisez une balise rafraîchie à la peinture toute neuve, pensez à remercier les bénévoles que vous croisez sur le chemin… et n'hésitez pas à signaler toute anomalie ou balise manquante auprès de la mairie ou sur le site de la FFRandonnée !

Conseils pratiques pour suivre (et ne pas perdre) le balisage

  1. Regarder régulièrement autour de soi. Ne pas hésiter à revenir sur ses pas si la dernière marque remonte à plus de 200 mètres, notamment en sous-bois ou dans les plaines agricoles où les poteaux peuvent être espacés.
  2. Bien préparer la rando à l’avance. Télécharger une fiche ou une carte sur Géoportail ou sur l'application gratuite "MaRando" de la FFRandonnée : utile en cas de doute.
  3. Prendre des photos des panneaux au départ ! Cela permet de s’y retrouver si plusieurs circuits se recoupent.
  4. Attention durant les travaux forestiers ou agricoles. Certains balisages peuvent être déplacés ou masqués temporairement.
  5. Respecter la signalétique… et ne pas improviser de “raccourci” au risque d’endommager la faune et la flore locale (la Normandie, ce n’est pas l’Amazonie, mais les mares, haies et bosquets y sont précieux !).

À chacun son sentier… mais tous guidés !

Marcher dans l’Eure, c’est parcourir une terre patiemment dessinée par des générations d’hommes et de femmes discrets, passionnés de patrimoine et d’espaces naturels. Prendre le temps de comprendre les codes du balisage local, c’est donc retrouver un peu l’esprit du flâneur normand : curieux, respectueux et les deux pieds dans la terre.

Ce sont ces signaux, si simples mais essentiels, qui font qu’on ose s’aventurer hors des sentiers battus, qu’on découvre une ancienne cressonnière ou un lavoir oublié, qu’on croise une haie de hêtres vénérables ou les reflets d’un ciel normand dans une flaqué d’eau claire. Et chaque boucle a son lot de surprises à qui sait lire ses chemins, de la plus grande randonnée aux balades “sur le motif”. Les balises, c’est un peu le fil d’Ariane du patrimoine local. Alors, à vos chaussures, prêts ? Laissez-vous guider par les couleurs de l’Eure !

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