Sur les traces perdues du port de Quillebeuf : histoires, mystères et balades

Tourisme à Quillebeuf et au Fil de l’Eure

Une histoire liée à la Seine : du Moyen Âge à l’essor industriel

Au carrefour du fleuve, des routes et du vent, l’histoire de Quillebeuf-sur-Seine commence dès l’Antiquité, mais c’est au Moyen Âge que le port prend toute son importance. Dès le XIIIe siècle, on recense dans les chartes la présence d’un port actif, destiné à servir les marchands, les bateliers et à accueillir les denrées — blé, vin, sel — venues de toute la Normandie (Sources : Service régional de l’inventaire de Normandie, arch. dep. Eure).

Parmi les grandes dates, en 1838, le port de Quillebeuf accueille le passage du premier bateau à vapeur reliant Paris à Honfleur ; la région découvre alors la « modernité » qui va peu à peu transformer la logistique fluviale (Marc Duley, Histoire de la Navigation sur la Seine).

Les métiers d’antan du port : pilotes, mariniers et guetteurs

Quillebeuf a abrité des générations de gens du fleuve, dont les métiers forment une petite légende locale.

Les enfants « couraient la cale » après l’école, profitant des histoires de naufrages et d’abordages dont regorgeait la mémoire collective. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre, lors des veillées, quelques anecdotes savoureuses sur de vieux affron­tements entre pilotes de Quillebeuf et ceux de la rive opposée, à Port-Jérôme...

Patrimoine visible : sur les traces des quais et des bâtiments portuaires

Que reste-t-il du Quillebeuf portuaire effervescent ? Il suffit d’arpenter la rue du Bac, de longer l’ancienne cale ou de pousser la porte de l’église Saint-Valentin pour lire la mémoire de la cité dans la pierre et le bois.

Un détail à ne pas manquer : sur certains murs de maisons longeant le port, des repères gravés rappellent les grandes crues du XXe siècle, notamment celle de 1928 et celle de 1947, quand l’eau atteignit parfois près de 2 mètres dans les rues basses (Ville de Quillebeuf, archives municipales).

Quais disparus, vestiges engloutis : légendes et secrets enfouis

Tout port qui se respecte traîne avec lui son lot de récits mystérieux. Quillebeuf n’y fait pas exception. Voici quelques anecdotes glanées auprès des plus anciens :

  1. L’épave du trois-mâts hollandais : une carcasse de navire, visible à marée basse dans les années 1970, aurait appartenu à un navire échoué lors d’un violent orage en 1897. Des pièces de monnaie et des fragments de céramique ont été retrouvés sur place par des riverains curieux (témoignages oraux - association « Mémoire du Fleuve »).
  2. Les souterrains du port : La légende veut qu’un souterrain relie la maison des pilotes à l’église – un passage secret permettait aux officiers de rejoindre un abri sûr lors des grandes conflits, notamment sous la Révolution et l’Occupation. Si aucune fouille n’a pu en confirmer l’existence, plusieurs propriétaires affirment avoir vu d’anciens puits murés jalonnant les caves.
  3. Le mystère du trésor de Louis XVI : On raconte, du côté du quai sud, qu’un lot de pièces d’or aurait été discrètement débarqué ici en 1791, lors de troubles révolutionnaires. Aucun trésor n’a jamais été retrouvé mais, régulièrement, des amateurs munis de détecteurs de métaux arpentent encore la grève, « au cas où »...

Au-delà du pittoresque, ces histoires en disent long sur la vie portuaire d’hier, tissée de solidarité, d’attente, d’angoisse face aux dangers du fleuve, mais aussi de fête lors des passages de bateaux exceptionnels ou lors des grandes foires annuelles.

Vivre le port aujourd’hui : balades, musées et moments à ne pas manquer

Même si les grandes goélettes ont disparu, Quillebeuf garde son esprit de port, ses quais propices à la flânerie et quelques traditions à savourer.

Pour qui souhaite approfondir, de nombreux panneaux historiques jalonnent désormais le port et les ruelles, racontant les naufrages célèbres, l’histoire des crues, ou l’évolution de la navigation. Un audioguide est disponible sur demande à la mairie.

Conseils pratiques pour explorer l’ancien port et ses environs

Qu’on s’y rende pour la balade, l’histoire ou la surprise d’un lever de brume, l’ancien port de Quillebeuf garde ce goût de sel et d’audace propre aux petits ports normands. Entre mémoire des bateaux passés et promesses de découvertes, il réserve aux curieux bien plus que quelques secrets…

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